Le dos: sécurité physique, économie d’efforts.
2 4 Hexenschuss klCe n’est pas une nouveauté : environ 30% de la population agricole en Suisse souffre de lombalgies. Une enquête plus précise nous a révélé que 34 % de la population agricole interrogée suivaient un traitement pour des problèmes de dos, et que 58 autres pourcent subissaient les maux de dos sans suivre de quelconque thérapie. Ces chiffres effarants ne sont pas dus à la fatalité !

Des causes précises
La mécanisation a fait grandement évoluer les travaux agricoles. Aujourd’hui, les machines portent souvent pour nous, surtout dès que le transport dépasse une certaine distance. Les composants de l’appareil locomoteur (os, articulations, tendons, ligaments, muscles, etc.) n’en sont pas moins sollicités pour autant. Surtout, ils sont sollicités différemment. Par le passé, les travailleurs de la Terre effectuaient des efforts réguliers avec des charges plus ou moins constantes, en prenant plus ou moins le temps. On savait porter. Aujourd’hui, les machines se chargent du plus gros, mais les manipulations (levage et port de charge sur une distance de moins de 2 m) ne sont pas entièrement éliminées. On effectue des efforts brusques, violents, rapidement, sans échauffement. On ne sait plus les gestes d’antan. Les vibrations occasionnées par les véhicules, les machines et les outils de travail sont également dommageables à l’appareil locomoteur.

Gestes et postures
Où, quand apprend-on les bons gestes, les bonnes postures, à soulever, à transporter une charge ? Apprend-on la sécurité physique et l’économie d’effort ?
La plupart du temps, ces acquisitions se font dès la petite enfance, par imitation. Lorsqu’on réalise – douloureusement ! – qu’il faudrait faire autrement, les dégâts sont déjà présents. l’INRS, institut français de sécurité au travail, a examiné attentivement les problèmes d’appareil locomoteur dans le monde du travail, et a mis sur pied une méthodologie et une formation permettant d’améliorer la sécurité physique et l’économie d’efforts de celles et ceux qui l’ont suivie.
Cette formation a pour objectif de permettre aux gens :

  1. de repérer les situations nuisibles pour la santé ou qui entraînent des efforts inutiles ou excessifs.
  2. d’apprendre les gestes et les postures qui assurent un maximum de sécurité physique et d’économie d’effort.
  3. de pouvoir remettre la place de travail, respectivement le poste de travail en cause et de pouvoir proposer ou réaliser des améliorations.

Dans le cadre d’une réflexion globale, chacun sera amené à réfléchir sur l’organisation des manutentions. Il s’agit à ce moment de se poser 4 questions :

  1. Cette manutention est-elle indispensable ?
  2. Si non, peut-elle être supprimée ?
  3. Si oui, comment économiser ses forces ?
  4. Le poste de travail peut-il être amélioré afin d’éviter les gestes inutiles et les postures contraignantes (dos rond, torsion de la colonne vertébrale) ?

L’utilisation d’engins auxiliaires légers de manutention manuelle a déjà été maintes fois présentée, entre autre par la campagne « Stop, portez futé ». La mécanisation de la manutention a également fait l’objet de différentes informations. Il faut parler de manière plus exhaustive de la manipulation et la manutention manuelles, car celles-ci ne peuvent pas toujours entièrement être évitées.